Catégorie : Histoire locale

Le funiculaire de Cannes

Historique

Gare supérieure

Le projet du funiculaire de Super-Cannes, initié en 1924 par la Société immobilière de Paris et du littoral,

est destiné à desservir un hôtel qu’elle projette de construire sur le site le plus élevé de la Californi

L’achat des terrains pour le passage de la ligne s’avère difficile en raison du refus de vente de certains riverains et se poursuit jusqu’en 1925. Par délibération du 20 septembre 1925, le conseil municipal

autorise l’établissement de la ligne et accorde la concession à la SIPL qui entreprend d’élargir le boulevard Montfleury pour donner un accès plus commode à la gare de départ. La 1ère pierre est posée le 21 avril

1925 par le maire de Cannes. Une voiture en service

La construction est réalisée de 1925 à 1928 par les ateliers Dyle et Bacalan selon des plans de la société italienne Ceretti et Tanfani qui fournit l’entraînement de l’appareil1. Le funiculaire est inauguré le 27 janvier 1928 par André Capron, maire de Cannes et Yves Le Trocquer, ministre des transports de l’époque. Il permet de désenclaver la colline de Super-Cannes en offrant un accès simplifié à partir du bas de la Californie. S’ensuit un développement rapide des terrains et habitations de la colline, jouissant d’une vue panoramique sur la baie de Cannes.

Dans l’attente de la construction du belvédère et du tea-room prévue autour du château d’eau, la Société immobilière de Paris et du littoral, initiatrice du projet de lotissement de Super-Cannes, fait ériger en 1925, au-dessus de la gare d’arrivée du futur funiculaire, une tour d’observation en bois constituée de deux plateformes rectangulaires superposées, protégées de garde-corps en croisillons, supportées par des poteaux obliques et accessibles par un escalier extérieur en trois volées périphériques.

En 1929 des accords sont pris avec des sociétés d’autobus pour desservir les 2 gares à partir de Cannes, de Vallauris et de Juan-les-Pins.

La Société immobilière n’ayant pu faire aboutir son projet, notamment hôtelier, dont le rapport devait amortir les travaux d’aménagement du domaine résidentiel, en 1931, le déficit du funiculaire pousse la société à trouver un concessionnaire.Le provisoire dure 30 ans.

En 1953, la tour en bois est finalement remplacée par un nouvel édifice conçu dans l’esprit du mouvement moderne par l’architecte cannois Georges Sauvan. Le nouvel observatoire est constitué d’un pylône cylindrique en béton armé conforté par un contreventement sur quatre côtés et surmonté par une terrasse périphérique de forme polygonale, d’un lanterneau sur deux niveaux et d’une antenne. L’accès à la terrasse se fait par un ascenseur installé à l’extérieur du fût face à la mer et offrant durant la montée une vue panoramique. Avec l’arrêt de l’exploitation du funiculaire qui amenait les visiteurs et de celle du restaurant qui les accueillait, l’observatoire n’est finalement plus fréquenté et finit par être désaffecté en 1986.

Trajet

Le départ de la ligne du funiculaire se trouve à l’extrémité de l’avenue Val Vert, avant les lacets du boulevard Montfleury, où se situe la gare inférieure. De style néo-provençal, imitant une chapelle rurale, elle était décorée de peintures de Louis Pastour3. Après un trajet de 850 mètres dans le vallon des Gabres, via le boulevard des Pins, le boulevard Beausoleil, puis le boulevard de l’Estérel, le funiculaire atteignait en sept minutes la gare d’arrivée sur le site de Super-Cannes à une altitude de 233 mètres. Construit à voie unique, il possédait une voie d’évitement classique au milieu du parcours. Il conduisait à l’auberge et à l’observatoire, désaffectés depuis 1986.

Dans les années 1960, le funiculaire est peu à peu délaissé par les habitants de Cannes et les touristes, et supplanté par l’automobile. Une usure des mâchoires de sécurité va conduire à la fin de son exploitation en 1966.

Les terrains vendus à un prince arabe

ENQUETE OBSERVATOIRE
ENQUETE OBSERVATOIRE

En 1989, lassée de ce terrain en friche de 24 353 m2, la ville, dirigée par Michel Mouillot, le met en vente. C’est une richissime famille arabe des Émirats Arabes Unis, la famille de l’émir d’Abou Dabi, Khalifa ben Zayed Al Nahyan, qui rafle la mise, constituée de l’ensemble des terrains supportant le restaurant, l’observatoire, la ligne du funiculaire et ses deux gares. L’acquisition se fait par l’intermédiaire de la Société immobilière Large Vue Crissier (devenue Large Vue Maxilly) établie en Suisse.

La famille Al Nahyam a alors des ambitions grandioses et extravagantes. Elle projette de construire une villa de 1 200 m2 au sommet et de construire une route privée allant de la gare de départ vers le sommet de la colline. Aussi, la famille regroupe tous les terrains lorsqu’elle dépose son permis de construire en 1993. Celui-ci est accordé, mais annulé l’année suivante, par décision du tribunal

administratif saisi d’une requête par la ville de Cannes: le projet empiète sur le domaine public, l’unité foncière étant coupée par l’avenue de l’Estérel.

Les rêves de grandeur de l’émir d’Abou Dabi partent en fumée. Le cheikh Al Nahyan et les siens devront se contenter des 12 450 m2 de la parcelle du haut. Inacceptable. Vexé, il abandonne les lieux. Et laisse le temps accomplir son travail de destruction qui court toujours: terrains en friche, gares murées, voie ferrée en ruines, véhicules détruits.

Le phare de Vallauris

 

phare2À la fin du 19ème siècle Golfe-Juan est à l’apogée de son développement industriel et commercial et, souhaitant exporter directement ses productions potières destinées à l’Italie, au Maghreb et au Moyen-Orient, la ville entreprend la construction d’une jetée-abri : en 1885, plus de trois cents navires transitent par le port.

Pour améliorer l’entrée de ses passes ouest et est, un premier phare est construit en 1900, tourelle cylindrique de 17 m bâtie au bord de mer (hauteur au-dessus de la mer : 16,80 m) avec logement de gardiens à proximité.

L’insuffisance de son signalement est dénoncée dès les années 1910. De plus, édifié en bord de mer sur un sol sablonneux, en bordure du vallon de Barraya (Golfe Juan), le phare s’incline dangereusement au point que son déplacement dans la colline de Vallauris est décidé dès 1912.

Mais le projet d’une nouvelle construction est interrompu par la Guerre de 1914-1918 et ce n’est qu’en 1922 qu’est décidé le déplacement du phare de Golfe-Juan sur les hauteurs de Vallauris.

Construit par les ingénieurs Bareste et Bardot et par l’entreprise Jean Simons fils de 1923 à 1927, le deuxième phare, situé à 151,50 m au-dessus de la mer, est le plus haut d’Europe. Écartant le projet d’une reconstruction à l’identique souhaitée par le directeur des Phares et Balises, l’ingénieur Bareste impose finalement une tour carrée dotée d’attributs militaires dont le caractère monumental lui paraît mieux convenir au nouvel emplacement ; la lanterne du premier phare est en revanche remployée. Un logement de gardiens est également bâti sur le terrain alentour de plus de 4000 m2 acquis en 1923.Le phare est électrifié en 1927, puis automatisé.

Ce phare de jalonnement côtier ou phare de la Maure se situe au nord-ouest de Golfe-Juan, sur la colline de Vallauris qui lui donné son nom. Surplombant ainsi la rade de Golfe-Juan, juché au milieu des villas et de la végétation assez exotique, il se fait discret et reste assez méconnu des riverains.

Établi sur une plate-forme de 26 X 10 m, il domine avec sa taille générale de 19 m le boulevard des Horizons ; sa portée est de 15 milles.

C’est le phare le plus haut d’Europe puisque son foyer est placé à 167 m au-dessus du niveau de la mer.

Construit en maçonnerie de moellons provenant des carrières de Vallauris, le phare est une tour pyramidale de section carrée abritant un escalier en vis sur noyau en pierre. Il se compose d’un puissant soubassement à bossages couronné d’un large cordon dans la hauteur duquel s’ouvre la porte d’entrée ; d’un fût polygonal ; d’une terrasse sommitale supportant la lanterne qui, avec son large encorbellement sur une série de consoles, lui confère un caractère militaire.

phareEn raison de son intérêt technique (lanterne du début du XXe siècle équipée d’un dispositif unique de secteurs extérieurs) le phare de Vallauris est inscrit en totalité au titre des monuments historiques par arrêté du 19 / 09 / 2012.

Très récemment, le logement avec sa terrasse d’assiette a été vendu à un particulier, l’État demeurant propriétaire du phare et de son chemin d’accès.

En allant balader au parc du Paradou, nous pouvons admirer, sur la route qui y conduit, ce majestueux édifice bientôt centenaire.

Le canal de la Siagne

1743549_1044690238881980_8422867761650845822_n 11269771_1039647252719612_6097937456047421817_n 11377241_1044690388881965_6307958688852780444_n Parc intercommunal du canal de la Siagne

Son histoire

L’eau a toujours manqué dans les régions méditerranéennes : sources, puits, citernes alimentaient avec parcimonie villes et villages. Mais à la fin du XIXe siècle, avec le développement des villes littorales comme Cannes et le développement de l’industrie grassoise, la pénurie d’eau devient un problème pour tous. Un canal dérivant les eaux de la Siagne s’imposait.

En1850, deux projets de dérivation des eaux de la Siagne voient le jour :

à Saint-Cézaire, le projet Bosc, prévoyant d’alimenter les communes de Saint-Cézaire, Cabris, Le Tignet, avec prise à Saint-Cézaire ;

à Cannes, le projet des Ponts et Chaussées, pour desservir Auribeau, Pégomas, La Roquette, Le Cannet et Cannes, avec prise à Auribeau.

Ces projets restent en souffrance.

C’est en 1860 que le projet cannois ressurgit, lorsque la ville aura doublé sa population et que l’empereur Napoléon III, en visite à Nice, nouvellement rattachée à la France, apportera son soutien au développement de Cannes.

Le 31 janvier 1862, la ville de Cannes passe un traité avec la Compagnie Dussard et Cellier pour la distribution d’eau de la ville avec la construction du canal.

Le projet de dérivation, étudié par les Ponts et Chaussées, à partir d’Auribeau est abandonné. Le projet est repensé à l’échelle du bassin de la Siagne, en incluant Grasse. Sa prise se trouve à Saint-Cézaire, à l’endroit préconisé par le projet Bosc. Mais à la différence de celui-ci, il ne dessert aucune des communes, son tracé restant au-dessous des terroirs et des villages.

Dès sa parution, en 1865, l’avant-projet suscite de violentes réactions de la part des communes. Elles se réunissent toutes en conseil exceptionnel à l’automne.

Pour le maire de Saint-Cézaire : « (…). Ce projet, s’il était approuvé, nous priverait à tout jamais des eaux de la Siagne ». Le ton est encore plus inquiet à Cabris : « Monsieur le Maire fait part au conseil du projet d’irrigation des eaux de la Siagne tendant à faire dériver de cette rivière des eaux très nécessaires pour alimenter non seulement la commune de Cabris, mais encore celle de Saint-Cézaire et du Tignet, qui dans la saison d’été en sont presque totalement dépourvues, question de vie ou de mort pour ces trois communes. »

Le conseil se réfère au projet Bosc et rejette le projet Dussard et Cellier. Grasse est hostile à ce projet également et délibère le 17 octobre 1865. L’ingénieur des Ponts et Chaussées, au vu des réactions, propose alors d’abandonner ce projet et de promouvoir un projet de canal, avec prise à Saint-Cézaire, et alimentant toutes les communes y compris Grasse. Dès le lendemain, la ville de Cannes met en demeure la Compagnie de commencer les travaux prévus dans les deux ans après la signature du traité. La Compagnie intervient auprès du préfet pour faire taire les oppositions, notamment celle de l’ingénieur des Ponts et Chaussées.

Le 29 mars 1866, le ministre opte pour le projet de la compagnie Dussard et Cellier et demande l’ouverture d’une enquête publique. Celle-ci a lieu à partir du 5 avril 1866 ; la composition de la commission d’étude est très controversée par les ingénieurs de l’état eux-mêmes. Les oppositions, nombreuses soulignent que le canal passe trop au-dessous des localités de St Cézaire, de Cabris, du Tignet et de Grasse. Les communes préfèrent le projet Bosc qui alimenterait en eau potable les habitants et irriguerait les terres sans priver d’eau les communes inférieures, ni Grasse.

Malgré ces oppositions, le projet est reconnu d’utilité publique et adopté par décret le 25 août 1866. Il approuve la convention passée le 21 août 1866 entre le Ministre de l’Agriculture et des Travaux Publics, le maire de Cannes et les sieurs Dussard et Cellier, agissant au nom de la compagnie anglaise General irrigation and Water supply Company of France limited. Cette convention porte concession du canal de la Siagne pendant 50 ans à cette compagnie et à perpétuité ensuite à la ville de Cannes.

La construction du Canal est achevée dans sa branche principale le 16 août 1868. La ville de Cannes pavoise : « Cannes était en liesse ; en présence de cinq à six mille personnes de Cannes et des communes avoisinantes, la ville fête l’inauguration du Canal de la Siagne ».

Depuis 2010 le canal est intégré à un parc intercommunal qui gère les 43 km de sentiers de promenade entre St Cézaire et Cannes.

Les frères Roustan : histoire et généalogie

dixmudeLe Zeppelin L72, ballon dirigeable allemand, fut remis à la France en 1920 au titre de la dette de guerre.

Rebaptisé Dixmude du nom de la ville belge, reprise aux allemands en 1914, il est affecté à la base aéronavale de Cuers-Pierrefeu.

C’est l’appareil des superlatifs : plus grand dirigeable construit, il détiendra le record de durée de vol, et aussi hélas celui de la plus grande catastrophe aérienne…

Ses mesures sont impressionnantes : 226 m de long, 28 m de hauteur (diamètre 24 m), 68 500 m3, poids à vide 30 tonnes, charge utile 55 tonnes. Il peut atteindre 118 km/h, la vitesse de croisière se situant vers 80 km/h, à une altitude maximale de l’ordre de 6000 m, hors de portée de l’aviation de l’époque.

En 1923, il établit un record mondial de durée de vol avec 118h sans escale, pour une distance parcourue de 9000 km.

Le 18 décembre 1923, il part pour une mission au-dessus de l’Afrique. Il porte 50 hommes d’équipage dont les frères Roustan, natifs de Vallauris : Adrien Roustan en qualité de commandant en second et Henri Roustan, passager, tous deux lieutenants de vaisseau, sous le commandement du lieutenant de vaisseau Jean du Plessis de Grenedan. Pris dans une tempête, le Dixmude disparaît en mer le 21 décembre 1923 à proximité de la Sicile. Seul le corps du commandant(1) sera retrouvé, pris dans un filet de pêcheurs.

Le boulevard du bord de mer à Golfe-Juan, entre le pont de l’Aube et le théâtre de la mer, sera rebaptisé « boulevard des Frères Roustan ». Le stade de Vallauris porte aussi leur nom, qui est par ailleurs gravé sur la tombe familiale, au vieux cimetière de Vallauris, ainsi que celui du Dixmude.

Plusieurs sites internet relatent en détail l’histoire de ce dirigeable et de chacune de ses missions, entre autres :

  1. http://jlvlino.free.fr/pmm/dulou.htm
  2. http://c.i.e.l.pagesperso-orange.fr/dixmude.htm
  3. http://les-amis-du-dixmude.monsite-orange.fr/historiquedudirigeable/index.html
  4. etc.

La généalogie des frères Adrien et Henri Roustan, tous deux nés à Vallauris, peut être remontée sur notre commune jusque vers 1602.

Adrien Aimé Victor Roustan était né le 18 mai 1892 ; lieutenant de vaisseau, commandant en second du croiseur aérien Dixmude, il est décédé le 21 décembre 1923, probablement au large de Sciacca (Sicile), à l’âge de 31 ans.

Henri Aurélien Marcel Roustan était né le 30 juillet 1894 ; lieutenant de vaisseau, embarqué à bord du Dixmude au titre de passager, il est décédé le 21 décembre 1923, probablement au large de Sciacca (Sicile), à l’âge de 29 ans.

Ascendance des frères Roustan (volontairement limitée à cinq générations) :

PARENTS

2  ROUSTAN Auguste Siméon, notaire, né à Antibes le 19 février 1865 ; il épouse à Vallauris le 29 juin 1891 :

3  GAZAN Marceline Eugénie Valentine, née à Vallauris le 11 mai 1868

GRAND-PARENTS

4  ROUSTAN Aimé Philippe, notaire, né à Cotignac (83) le 21 mars 1831, décédé à Antibes le 3 janvier 1900, il y avait épousé le 25 août 1862 :

5  MOUTON Joséphine Célestine, née à Antibes le 19 février 1841

 

6  GAZAN Marius Antoine Victor, distillateur, parfumeur, né à Vallauris le 24 décembre 1826, y décédé le 27 avril 1878 ; il avait épousé au Bar-sur-Loup le 27 octobre 1864 :

7  GUIRARD Marie Thérèse, née au Bar-sur-Loup le 27 octobre 1845.

ARRIERE-GRAND-PARENTS

8  ROUSTAN Emmanuel Jean Paul Henri, receveur d’enregistrement, né à Grasse le 1er janvier 1788, décédé à Draguignan (83) le 14 mars 1854 ; il avait épousé à Grasse, le 3 novembre 1816 :

9  COURT Jeanne Françoise Paule, née à Grasse le 12 mars 1798.

 

10  MOUTON Honoré André Joseph, notaire public, né à Grasse le 4 février 1820 ; il avait épousé à Antibes le 20 septembre 1835 :

11  LENDY Louise Thérèse Elisabeth Sophie, née à Antibes le 20 février 1817.

 

12  GAZAN Jérôme, médecin, né vers 1792, y décédé le 21 octobre 1869 ; il épouse :

13  GUIZOL Marie Adélaïde, née vers 1796 à Tourrettes-Levens (06), décédée à Vallauris le 10 janvier 1869.

 

14  GUIRARD Jean Baptiste Victorin, propriétaire, né à Vallauris le 4 mars 1800 ; il épouse à Grasse le 31 octobre 1837 :

15  AULANIER Marie Clothilde, née à Grasse le 28 janvier 1807.

GENERATION 5

16  ROUSTAN Honoré, négociant, né vers 1753 ; il épouse à Grasse le 7 janvier 1783 :

17  MERCURIN Marie Thérèse, née vers 1767.

 

18  COURT Jean, négociant parfumeur ; il épouse à Grasse le 19 avril 1773 :

19  BON Marie Madeleine

 

20  MOUTON Pierre André, avoué ; il épouse :

21  BOULAY Madeleine Pauline

 

22  LENDY Jérôme Louis, colonel ; il épouse

23  FERRAN Marie Elisabeth

 

24  GAZAN Donat, cultivateur, né à Vallauris le 20 octobre 1755, y décédé le 28 mars 1823 ; il épouse :

25  REY Marianne, probablement née à Auribeau-sur-Siagne (06) vers 1755, décédée à Vallauris le 3 juillet 1834.

 

26  GUIZOL Jean Baptiste ; il épouse :

27  GASQUET Françoise

 

28  GUIRARD Joseph, travailleur, né à Vallauris le 21 mars 1768, y décédé le 4 mai 1827 ; il épouse à Mougins le 11 novembre 1789 :

29  NEGRIN Thérèse, née vers 1769, décédée à Vallauris le 5 décembre 1849

 

30 AULANIER Alexandre, propriétaire ; il épouse :

31 RANCÉ Marie Madeleine Emilie

(1) Un site internet fait état de la découverte d’un second corps.

(2) Le patronyme Gazan est présent à Vallauris depuis 1506 (cf le second acte d’habitation du 2 octobre 1506, conclu entre le prieur de St-Honnorat et les habitants de Vallauris).

Photo : http://www.vallauris-golfe-juan.fr/IMG/jpg/Freres_Roustan.jpg

J’allais le long des rues de … Vallauris

J’habite la rue Lascaris depuis une trentaine d’années et si j’ai rencontré ce nom à diverses occasions, c’est la première fois que, grâce à la Ruche, j’ai voulu en savoir davantage sur le pourquoi une « rue Lascaris » à Vallauris.

Et, partant de là, j’ai prolongé mon questionnement à propos d’autres noms de rues de notre cité.

L1000326Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, je me suis intéressé plus généralement à l’origine des noms de rues (odonymie).

Il est possible de distinguer plusieurs époques où l’on observe une typologie similaire des noms de rue sur le territoire français.

Moyen âge : les dénominations répondent à une logique fonctionnelle. Le nom de la voie est celui du lieu qu’elle dessert, ce lieu étant religieux ou civil : « place de l’Église », « place du marché », « rue du four », etc ;

XVIIe et XVIIIe siècles : rupture avec le Moyen Âge et la dénomination fonctionnelle. Les voies portent alors le nom des Grands du royaume (ce procédé aurait été inspiré par Sully) : « place Louis-Le-Grand » (pour Louis XIV), « rue de Condé » (pour la maison de Condé) ;

Révolution française : la débaptisation est courante, les instances révolutionnaires ne changent pas seulement les noms de rues mais aussi des villes : des « rues de l’Égalité » ou des « places de la Nation » apparaissent dans la plupart des cités ;

Premier Empire : déjà sous le Directoire, la débaptisation s’essoufle. Sous l’Empire le phénomène s’inverse et les « rues Saint-Antoine » et les « places de l’Église » sont réintroduites. C’est aussi l’époque de l’apparition des noms de généraux et de victoires militaires : « rue de Wagram », « rue Ney », etc ;

Fin du XIXe siècle : la guerre franco-prussienne de 1870 et l’annexion de l’Alsace et de la Moselle par l’Allemagne, incitent de nombreuses communes à créer des boulevards de Strasbourg, de Metz, d’Alsace-Lorraine, etc ;

XXe siècle : l’éclectisme domine. Les courants principaux sont les personnages célèbres – majoritairement masculins -, les régions géographiques et les pays (« rue de Colmar », « avenue du Japon », « route de Laval », etc).

 

J’allais le long des rues de … Vallauris : rue Lascaris

Rue Lascaris

La famille des Laskaris, Lascaris ou Lascarides, appartenait à la noblesse grecque byzantine qui a régné sur l’empire de Nicée, vestige de l’empire byzantin jusqu’à sa chute en 1453. La famille s’éparpilla alors un peu partout en Europe; une de ses branches s’établit à la frontière entre la France et l’Italie actuelles.

Pour éviter qu’une branche de la famille ne puisse prétendre au trône impérial la jeune Eudoxie Lascaris fut mariée en 1261 à Guillaume-Pierre 1er de Vintimille, seigneur de Tende et de la Brigue qui appartenait à la noblesse italienne. Il empruntera à sa femme son nom, créant ainsi la famille des Lascaris de Vintimille.

Les Lascaris sont à l’origine du palais qui porte leur nom, rue Droite dans le Vieux-Nice, bâtiment baroque du XVIIe siècle.

En 1038, le Seigneur et Evêque d’Antibes fit don des terres de Vallauris au monastère de Lérins qui en retira les redevances, témoignant de la prospérité de la Seigneurie ainsi créée.
Mais au cours des siècles qui suivirent la bourgade de Vallauris eut à subir des déboires dévastateurs : en 1364, le village est presque complètement détruit par une bande de routiers, « les tard-venus », qui sévissaient sur les terres pontificales et une partie de la Provence ; ce saccage est complété en 1480 par la terrible épidémie de peste. À tel point que le qualificatif de « locum inhabitatum » (lieu inhabitable) est accolé au nom de Vallauris.

Ce n’est qu’au XVIe siècle que commence réellement l’histoire de l’agglomération moderne de Vallauris, grâce à Raynier de Lascaris, comte de Vintimille, Prieur et Seigneur temporel du Prieuré et territoire de Vallauris, dépendant du monastère de Saint-Honorat.

Le 20 avril 1501, le-dit Dom Raynier Lascaris donne en emphytéose perpétuelle l’ensemble du territoire à 70 familles originaires de son Comté de Vintimille, ainsi qu’à «d’autres hommes voulant habiter audit lieu de Vallauris». Pour la reconstruction du village, il impose un plan précis en forme de «damier» : c’est l’origine du «castrum» appelé aujourd’hui «vieille ville». Ses maisons, très enserrées, lui servaient de remparts, et une tour située à chaque angle du carré renforçait ses défenses et protégeait les portes qui se faisaient face aux extrémités des rues «subrane» au nord, et «soubrane» au sud.

Le Damier : les noms des rues

Le plan du damier

Rue AmbrosioAMBROSIO (rue Antoine)

Né le 11 juin 1887 à Vallauris, mort pour la France le 14 décembre 1915, AMBROSIO-DONNET son nom d’artiste, avait un talent de sculpteur bien à lui. Il a remporté le second Grand prix de Rome avec son bas relief « Chanteurs bucoliques » dont une copie se trouve dans notre musée. Le Conseil municipal dans sa séance du 21 juillet 1922, décide de remplacer le nom de la rue Roche dans laquelle se trouve la maison où il est né par son nom « rue AMBROSIO Antoine ».

BEL (rue Clément)Rue Clément BEL

Joseph Clément Théodore BEL né à Vallauris le 2 novembre 1838, élève de l’école de St Cyr, Colonel de la première légion des mobilisés de la Loire Inférieure, fut frappé mortellement à la bataille du Mans le 11 janvier 1871. Le Conseil municipal a donné son nom à la grande rue lors de sa séance du 15 juillet 1889.

Rue DonnetDONNET (rue François)

François DONNET né le 8 novembre 1876 à Vallauris, a exercé la profession de docteur en médecine, médecin aide-major 1ere classe des troupes coloniales puis médecin chef de l’ambulance de Grand Popo où il disparut le 11 janvier 1907 (Colonie du Dahomey maintenant le Bénin). Par délibération du 2 mai 1912, le Conseil municipal a donné son nom à l’ancienne rue Marchande de Vallauris.

GAMBETTA (rue Léon)

Léon Gambetta (1838 – 1882) a été plusieurs fois l’hôte de la ville de Vallauris. Aussi, le Conseil municipal dans sa séance du 2 mai 1912 lui donna son nom à la rue de l’École située dans la vieille ville.

LASCARIS (rue)

Le Seigneur Raynier de LASCARIS, des comtes de Vintimille, Prieur et Seigneur temporel du Prieuré et territoire de Vallauris, dépendant du monastère Saint Honorat, fut le fondateur de notre cité en 1501. En 1568, il fit construire un château à trois tourelles, dont l’angle gauche de la façade était attenant à la chapelle datant du XIIème siècle, se trouvant encore en excellent état de conservation (…)

(Histoire de Vallauris par Léon CHABAUD, 1952)

LATY (rue)

Rue LATY

Claude LATY né en mai 1810 à Vallauris, Capitaine marin Commandant le navire La Pauline et Césarie, est décédé en avril 1847 aux Iles d’Hyères à Porquerolles (Var). Le Conseil municipal a donné son nom en 1866 à une rue transversale de la vieille ville.

LISNARD (place Jules)

Anciennement dénommée place du Portail, le Conseil municipal dans sa séance du 9 janvier 1926 décide de donner le nom de « Place Jules Lisnard » à cette place en hommage à l’ancien maire de Vallauris de 1884 à 1888 et décédé le 14 septembre 1925, cette place se trouvant à proximité de la maison où habitait M Jules LISNARD.

REY (rue Barthélémy)

Barthélémy REY est né en 1770 à Vallauris, profession fabricant de poterie, conseiller municipal et décédé à Vallauris le 10 janvier 1849.

Une délibération du Conseil municipal en date du 10 juin 1866 donna son nom à une rue allant de la rue Haute à la rue des Tours dans la vieille ville de Vallauris.

SARTORIO (Rue Edouard)

sartorioEdouard SARTORIO est né à Vallauris le 26 mai 1870. Fondateur de la société de secours mutuels « L’Union Mixte » en 1889, il fut aussi conseiller municipal de 1929 à 1936. À la demande du Comité de Front Populaire de Vallauris et de la Société « L’Union Mixte », le Conseil municipal a décidé, le 12 mars 1938, de donner son nom à la rue dénommée rue du Piolet dans la vieille ville

L'Homme au mouton

Place de l'Homme au mouton

ISNARD (place Paul) dite de l’Homme au mouton

Paul ISNARD né à Vallauris le 20 septembre 1827, élève de l’école Polytechnique, capitaine au 24ème régiment d’Infanterie de Ligne, chef des bureaux arabes, fut tué à l’ennemi le 8 avril 1864, à Ain-Bou-Beker, lors de l’insurrection de la province d’Oran, dans l’affaire connues sous le nom de « Affaire du Colonel Beauprêtre ». Pour honorer sa mémoire en transmettant son nom aux générations futures, le Conseil municipal dans sa séance du 15 juillet 1889 a décidé de donner son nom à la place du Marché qui devint par la suite la place dite de l’Homme au mouton.