Le funiculaire de Cannes

Historique

Gare supérieure

Le projet du funiculaire de Super-Cannes, initié en 1924 par la Société immobilière de Paris et du littoral,

est destiné à desservir un hôtel qu’elle projette de construire sur le site le plus élevé de la Californi

L’achat des terrains pour le passage de la ligne s’avère difficile en raison du refus de vente de certains riverains et se poursuit jusqu’en 1925. Par délibération du 20 septembre 1925, le conseil municipal

autorise l’établissement de la ligne et accorde la concession à la SIPL qui entreprend d’élargir le boulevard Montfleury pour donner un accès plus commode à la gare de départ. La 1ère pierre est posée le 21 avril

1925 par le maire de Cannes. Une voiture en service

La construction est réalisée de 1925 à 1928 par les ateliers Dyle et Bacalan selon des plans de la société italienne Ceretti et Tanfani qui fournit l’entraînement de l’appareil1. Le funiculaire est inauguré le 27 janvier 1928 par André Capron, maire de Cannes et Yves Le Trocquer, ministre des transports de l’époque. Il permet de désenclaver la colline de Super-Cannes en offrant un accès simplifié à partir du bas de la Californie. S’ensuit un développement rapide des terrains et habitations de la colline, jouissant d’une vue panoramique sur la baie de Cannes.

Dans l’attente de la construction du belvédère et du tea-room prévue autour du château d’eau, la Société immobilière de Paris et du littoral, initiatrice du projet de lotissement de Super-Cannes, fait ériger en 1925, au-dessus de la gare d’arrivée du futur funiculaire, une tour d’observation en bois constituée de deux plateformes rectangulaires superposées, protégées de garde-corps en croisillons, supportées par des poteaux obliques et accessibles par un escalier extérieur en trois volées périphériques.

En 1929 des accords sont pris avec des sociétés d’autobus pour desservir les 2 gares à partir de Cannes, de Vallauris et de Juan-les-Pins.

La Société immobilière n’ayant pu faire aboutir son projet, notamment hôtelier, dont le rapport devait amortir les travaux d’aménagement du domaine résidentiel, en 1931, le déficit du funiculaire pousse la société à trouver un concessionnaire.Le provisoire dure 30 ans.

En 1953, la tour en bois est finalement remplacée par un nouvel édifice conçu dans l’esprit du mouvement moderne par l’architecte cannois Georges Sauvan. Le nouvel observatoire est constitué d’un pylône cylindrique en béton armé conforté par un contreventement sur quatre côtés et surmonté par une terrasse périphérique de forme polygonale, d’un lanterneau sur deux niveaux et d’une antenne. L’accès à la terrasse se fait par un ascenseur installé à l’extérieur du fût face à la mer et offrant durant la montée une vue panoramique. Avec l’arrêt de l’exploitation du funiculaire qui amenait les visiteurs et de celle du restaurant qui les accueillait, l’observatoire n’est finalement plus fréquenté et finit par être désaffecté en 1986.

Trajet

Le départ de la ligne du funiculaire se trouve à l’extrémité de l’avenue Val Vert, avant les lacets du boulevard Montfleury, où se situe la gare inférieure. De style néo-provençal, imitant une chapelle rurale, elle était décorée de peintures de Louis Pastour3. Après un trajet de 850 mètres dans le vallon des Gabres, via le boulevard des Pins, le boulevard Beausoleil, puis le boulevard de l’Estérel, le funiculaire atteignait en sept minutes la gare d’arrivée sur le site de Super-Cannes à une altitude de 233 mètres. Construit à voie unique, il possédait une voie d’évitement classique au milieu du parcours. Il conduisait à l’auberge et à l’observatoire, désaffectés depuis 1986.

Dans les années 1960, le funiculaire est peu à peu délaissé par les habitants de Cannes et les touristes, et supplanté par l’automobile. Une usure des mâchoires de sécurité va conduire à la fin de son exploitation en 1966.

Les terrains vendus à un prince arabe

ENQUETE OBSERVATOIRE
ENQUETE OBSERVATOIRE

En 1989, lassée de ce terrain en friche de 24 353 m2, la ville, dirigée par Michel Mouillot, le met en vente. C’est une richissime famille arabe des Émirats Arabes Unis, la famille de l’émir d’Abou Dabi, Khalifa ben Zayed Al Nahyan, qui rafle la mise, constituée de l’ensemble des terrains supportant le restaurant, l’observatoire, la ligne du funiculaire et ses deux gares. L’acquisition se fait par l’intermédiaire de la Société immobilière Large Vue Crissier (devenue Large Vue Maxilly) établie en Suisse.

La famille Al Nahyam a alors des ambitions grandioses et extravagantes. Elle projette de construire une villa de 1 200 m2 au sommet et de construire une route privée allant de la gare de départ vers le sommet de la colline. Aussi, la famille regroupe tous les terrains lorsqu’elle dépose son permis de construire en 1993. Celui-ci est accordé, mais annulé l’année suivante, par décision du tribunal

administratif saisi d’une requête par la ville de Cannes: le projet empiète sur le domaine public, l’unité foncière étant coupée par l’avenue de l’Estérel.

Les rêves de grandeur de l’émir d’Abou Dabi partent en fumée. Le cheikh Al Nahyan et les siens devront se contenter des 12 450 m2 de la parcelle du haut. Inacceptable. Vexé, il abandonne les lieux. Et laisse le temps accomplir son travail de destruction qui court toujours: terrains en friche, gares murées, voie ferrée en ruines, véhicules détruits.

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