Le canal de la Siagne

1743549_1044690238881980_8422867761650845822_n 11269771_1039647252719612_6097937456047421817_n 11377241_1044690388881965_6307958688852780444_n Parc intercommunal du canal de la Siagne

Son histoire

L’eau a toujours manqué dans les régions méditerranéennes : sources, puits, citernes alimentaient avec parcimonie villes et villages. Mais à la fin du XIXe siècle, avec le développement des villes littorales comme Cannes et le développement de l’industrie grassoise, la pénurie d’eau devient un problème pour tous. Un canal dérivant les eaux de la Siagne s’imposait.

En1850, deux projets de dérivation des eaux de la Siagne voient le jour :

à Saint-Cézaire, le projet Bosc, prévoyant d’alimenter les communes de Saint-Cézaire, Cabris, Le Tignet, avec prise à Saint-Cézaire ;

à Cannes, le projet des Ponts et Chaussées, pour desservir Auribeau, Pégomas, La Roquette, Le Cannet et Cannes, avec prise à Auribeau.

Ces projets restent en souffrance.

C’est en 1860 que le projet cannois ressurgit, lorsque la ville aura doublé sa population et que l’empereur Napoléon III, en visite à Nice, nouvellement rattachée à la France, apportera son soutien au développement de Cannes.

Le 31 janvier 1862, la ville de Cannes passe un traité avec la Compagnie Dussard et Cellier pour la distribution d’eau de la ville avec la construction du canal.

Le projet de dérivation, étudié par les Ponts et Chaussées, à partir d’Auribeau est abandonné. Le projet est repensé à l’échelle du bassin de la Siagne, en incluant Grasse. Sa prise se trouve à Saint-Cézaire, à l’endroit préconisé par le projet Bosc. Mais à la différence de celui-ci, il ne dessert aucune des communes, son tracé restant au-dessous des terroirs et des villages.

Dès sa parution, en 1865, l’avant-projet suscite de violentes réactions de la part des communes. Elles se réunissent toutes en conseil exceptionnel à l’automne.

Pour le maire de Saint-Cézaire : « (…). Ce projet, s’il était approuvé, nous priverait à tout jamais des eaux de la Siagne ». Le ton est encore plus inquiet à Cabris : « Monsieur le Maire fait part au conseil du projet d’irrigation des eaux de la Siagne tendant à faire dériver de cette rivière des eaux très nécessaires pour alimenter non seulement la commune de Cabris, mais encore celle de Saint-Cézaire et du Tignet, qui dans la saison d’été en sont presque totalement dépourvues, question de vie ou de mort pour ces trois communes. »

Le conseil se réfère au projet Bosc et rejette le projet Dussard et Cellier. Grasse est hostile à ce projet également et délibère le 17 octobre 1865. L’ingénieur des Ponts et Chaussées, au vu des réactions, propose alors d’abandonner ce projet et de promouvoir un projet de canal, avec prise à Saint-Cézaire, et alimentant toutes les communes y compris Grasse. Dès le lendemain, la ville de Cannes met en demeure la Compagnie de commencer les travaux prévus dans les deux ans après la signature du traité. La Compagnie intervient auprès du préfet pour faire taire les oppositions, notamment celle de l’ingénieur des Ponts et Chaussées.

Le 29 mars 1866, le ministre opte pour le projet de la compagnie Dussard et Cellier et demande l’ouverture d’une enquête publique. Celle-ci a lieu à partir du 5 avril 1866 ; la composition de la commission d’étude est très controversée par les ingénieurs de l’état eux-mêmes. Les oppositions, nombreuses soulignent que le canal passe trop au-dessous des localités de St Cézaire, de Cabris, du Tignet et de Grasse. Les communes préfèrent le projet Bosc qui alimenterait en eau potable les habitants et irriguerait les terres sans priver d’eau les communes inférieures, ni Grasse.

Malgré ces oppositions, le projet est reconnu d’utilité publique et adopté par décret le 25 août 1866. Il approuve la convention passée le 21 août 1866 entre le Ministre de l’Agriculture et des Travaux Publics, le maire de Cannes et les sieurs Dussard et Cellier, agissant au nom de la compagnie anglaise General irrigation and Water supply Company of France limited. Cette convention porte concession du canal de la Siagne pendant 50 ans à cette compagnie et à perpétuité ensuite à la ville de Cannes.

La construction du Canal est achevée dans sa branche principale le 16 août 1868. La ville de Cannes pavoise : « Cannes était en liesse ; en présence de cinq à six mille personnes de Cannes et des communes avoisinantes, la ville fête l’inauguration du Canal de la Siagne ».

Depuis 2010 le canal est intégré à un parc intercommunal qui gère les 43 km de sentiers de promenade entre St Cézaire et Cannes.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.